{"id":168,"date":"2018-08-19T09:35:43","date_gmt":"2018-08-19T09:35:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.quantum-macroeconomics.info\/?page_id=168"},"modified":"2018-08-19T09:35:43","modified_gmt":"2018-08-19T09:35:43","slug":"economie-nationale","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.quantum-macroeconomics.info\/index.php\/language\/fr\/economie-nationale\/","title":{"rendered":"Economie Nationale"},"content":{"rendered":"<p align=\"center\"><b>L\u2019origine de l\u2019inflation, de la d\u00e9flation et du ch\u00f4mage et leur solution par une r\u00e9forme comptable des banques<\/b><\/p>\n<p>\u00a0<i>Selon l\u2019analyse mon\u00e9taire quantique de l\u2019\u00e9conomie, en l\u2019absence d\u2019une r\u00e9forme de la comptabilit\u00e9 bancaire, les mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, prises par un certain nombre de gouvernements nationaux visant \u00e0 assurer l\u2019\u00e9quit\u00e9 sociale et l\u2019augmentation de la consommation int\u00e9rieure, pourraient retarder l\u2019effondrement du syst\u00e8me \u00e9conomique, mais elles ne vont pas emp\u00eacher qu\u2019il se produise : l\u2019inflation et la d\u00e9flation pathologiques vont continuer \u00e0 augmenter, conduisant \u00e0 une r\u00e9duction du pouvoir d\u2019achat de la monnaie, et \u00e0 une augmentation du ch\u00f4mage pathologique. Ces \u00e9v\u00e9nements vont vraisemblablement se reproduire \u00e0 un point tel qu\u2019ils pourraient frustrer les espoirs des gens et nourrir le nationalisme ainsi que l\u2019autoritarisme.<\/i><\/p>\n<p><i>Selon l\u2019analyse de l\u2019\u00e9conomie quantique, en l\u2019absence, au niveau de la comptabilit\u00e9 bancaire d\u2019une triple distinction entre la monnaie, le revenu et le capital fixe (par la cr\u00e9ation de trois d\u00e9partements distincts) le ch\u00f4mage pathologique dans la population active va augmenter jusqu\u2019\u00e0 atteindre un ratio allant de un \u00e0 trois, pour ensuite se stabiliser \u00e0 ce niveau. Comme cela s\u2019est produit dans les ann\u00e9es 1930, il ne sera plus possible d\u2019accumuler de nouvelles immobilisations, et les cons\u00e9quences seront probablement d\u00e9vastatrices et sources de troubles sociaux.<\/i><\/p>\n<p>.<\/p>\n<p><em>Alvaro Cencini, Lugano (Suisse), Juin 2012<\/em><\/p>\n<p><em>(Traduit par Cristophe Chabin)<\/em><\/p>\n<p>Il est souvent implicitement suppos\u00e9 que les \u00e9v\u00e9nements \u00e9conomiques peuvent \u00eatre compris par l\u2019observation directe. C\u2019est peut-\u00eatre une des raisons pour laquelle l\u2019analyse \u00e9conomique est principalement r\u00e9alis\u00e9e en termes micro\u00e9conomiques. L\u2019analyse mon\u00e9taire ne fait pas exception. M\u00eame si les concepts tels que le revenu, l\u2019\u00e9pargne, l\u2019investissement, les int\u00e9r\u00eats et le capital sont pour la plupart consid\u00e9r\u00e9s au niveau national, ils sont presque in\u00e9vitablement analys\u00e9s \u00e0 travers l\u2019agr\u00e9gation de leurs \u00e9l\u00e9ments micro\u00e9conomiques. Si, comme on le croit, la macro\u00e9conomie \u00e9tait simplement le r\u00e9sultat d\u2019un tel processus d\u2019agr\u00e9gation, les variables micro\u00e9conomiques seraient les seuls objets pertinents d\u2019enqu\u00eate de l\u2019analyse \u00e9conomique. Cela ne signifie pas, cependant, que les \u00e9conomistes limitent leur analyse \u00e0 l\u2019observation directe. En particulier, cela ne leur permettrait pas de d\u00e9finir la monnaie au regard de sa nature immat\u00e9rielle. M\u00eame au niveau micro\u00e9conomique, la monnaie reste une forme num\u00e9rique d\u00e9livr\u00e9e par le syst\u00e8me bancaire. Un point important de notre analyse tient dans le fait que l\u2019\u00e9conomie mon\u00e9taire exige une enqu\u00eate approfondie au-del\u00e0 de la simple observation factuelle et centr\u00e9e sur une compr\u00e9hension claire de la nature bancaire de la monnaie moderne.<\/p>\n<p>Un autre point central est le fait que, contrairement \u00e0 ce qui se passe \u00e0 la fois dans l\u2019analyse traditionnelle de la micro et la macro-\u00e9conomie, le concept d\u2019\u00e9quilibre n\u2019est pas fait pour jouer un r\u00f4le fondamental. En effet, l\u2019id\u00e9e m\u00eame d\u2019un \u00e9quilibre mon\u00e9taire est en contradiction \u00e0 la fois avec la nature bancaire de la monnaie et la d\u00e9finition du revenu mon\u00e9taire. Un \u00e9quilibre est un \u00e9tat (plus ou moins) stable o\u00f9 des forces distinctes et oppos\u00e9es se neutralisent. Par cons\u00e9quent, un \u00e9quilibre mon\u00e9taire est un concept qui suppose l\u2019existence de la demande et l\u2019offre de monnaie comme deux forces distinctes et oppos\u00e9es. Mais, si la demande et l\u2019offre de monnaie permettent de d\u00e9finir deux forces oppos\u00e9es, il est n\u00e9cessaire que la monnaie existe ind\u00e9pendamment de la production. C\u2019est seulement dans ce cas, et \u00e0 condition qu\u2019elle ait une valeur positive, que la monnaie pourrait \u00eatre tenue comme un actif net. Le lecteur reconna\u00eetra ici l\u2019hypoth\u00e8se faite par les th\u00e9oriciens n\u00e9oclassiques et connue dans la litt\u00e9rature \u00e9conomique comme la dichotomie n\u00e9oclassique. Maintenant, l\u2019analyse mon\u00e9taire moderne montre que cette dichotomie est un avatar de la conception ancienne de la monnaie mat\u00e9rielle. Une fois compris que la monnaie est d\u00e9livr\u00e9e sous une forme num\u00e9rique simple, il est facile de voir que sa valeur est d\u00e9riv\u00e9e de son int\u00e9gration avec la production actuelle. Ainsi, le revenu \u2013 le r\u00e9sultat de cette int\u00e9gration \u2013 n\u2019existe pas s\u00e9par\u00e9ment de la production. En fait, le revenu mon\u00e9taire est la production et la production est le revenu mon\u00e9taire, les deux expressions d\u00e9crivant les deux aspects d\u2019un seul et m\u00eame objet. Cela \u00e9tant, il devrait \u00eatre clair que l\u2019offre totale (production) et la demande totale (revenu mon\u00e9taire) ne peuvent plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme deux entit\u00e9s autonomes. Le concept m\u00eame de l\u2019\u00e9quilibre ou l\u2019\u00e9galit\u00e9 conditionnelle doit donc \u00eatre remplac\u00e9 par celui de l\u2019identit\u00e9. De m\u00eame, nous ne pouvons plus consid\u00e9rer l\u2019offre du revenu mon\u00e9taire par opposition \u00e0 sa demande. D\u00e8s qu\u2019un revenu positif appara\u00eet dans l\u2019\u00e9conomie, il est l\u00e0 pour d\u00e9finir une offre (la production actuelle, avec laquelle il s\u2019identifi\u00e9) et une demande \u00e9quivalente. En outre, en raison de la nature bancaire de la monnaie, le revenu est, d\u00e8s la naissance pour ainsi dire, n\u00e9cessairement d\u00e9pos\u00e9s dans le syst\u00e8me bancaire, ce qui signifie qu\u2019il est n\u00e9cessairement exig\u00e9 (par les agents inscrits sur le c\u00f4t\u00e9 actif du bilan des banques) et fourni (par les agents inscrits sur le passif). La comptabilit\u00e9 en double entr\u00e9e est un instrument rigoureux qui ne laisse aucune place pour des ajustements hypoth\u00e9tiques entre l\u2019offre et la demande, et encadre toute analyse fond\u00e9e sur la notion d\u2019\u00e9quilibre.<\/p>\n<p>L\u2019identit\u00e9 entre le revenu mon\u00e9taire et le produit affecte la distinction traditionnelle entre micro et macro-\u00e9conomie. En fait, chaque processus de production donne lieu \u00e0 un nouveau r\u00e9sultat positif (sortie) et doit donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00e9v\u00e9nement macro-\u00e9conomique, m\u00eame s\u2019il est r\u00e9alis\u00e9 par une seule unit\u00e9 de production. Dans ces conditions, il ne fait plus aucun sens de consid\u00e9rer le nombre ou la taille des agents \u00e9conomiques comme un crit\u00e8re discriminant entre les \u00e9v\u00e9nements micro et macro-\u00e9conomiques. Un principe plus rigoureux, d\u2019abord propos\u00e9 par Schmitt, consiste \u00e0 consid\u00e9rer comme macro\u00e9conomiques tous les \u00e9v\u00e9nements qui modifient la situation pour l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9conomie et comme micro\u00e9conomiques ces \u00e9v\u00e9nements qui, tout en modifiant la situation d\u2019un certain nombre d\u2019agents \u00e9conomiques ne modifient pas celle de leur ensemble. Comme d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, la production est un exemple d\u2019un \u00e9v\u00e9nement macro-\u00e9conomique, chaque nouvelle production donnant lieu \u00e0 un revenu qui augmente la richesse de l\u2019ensemble \u00e9conomique (comme le concept de revenu national sugg\u00e8re clairement). Au contraire, l\u2019achat d\u2019actifs financiers est une op\u00e9ration micro\u00e9conomique, m\u00eame si il est r\u00e9alis\u00e9 par un grand nombre de titulaires de revenus, car il modifie simplement la r\u00e9partition du revenu national entre les agents \u00e9conomiques sans alt\u00e9rer sa valeur.<\/p>\n<p>Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la th\u00e9orie micro\u00e9conomique de la demande et de l\u2019offre, la th\u00e9orie de la formation des prix non walrasienne, la th\u00e9orie du rationnement efficace et toutes les autres th\u00e9ories qui ont r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9es par les \u00e9conomistes du courant dominant du \u201cmod\u00e8le\u201d, Morishima n\u2019a aucun scrupule \u00e0 les consid\u00e9rer \u00aben tant qu\u2019exemples sur-sophistiqu\u00e9s qui enrichissent les th\u00e9oriciens du monde imaginaire \u00bb (Morishima 1992, 167). L\u2019\u00e9conomiste japonais a raison. Les \u00e9conomistes n\u00e9oclassiques ont mis au point des mod\u00e8les sur-sophistiqu\u00e9s sans incidences sur le monde r\u00e9el. En d\u00e9pit de leur complexit\u00e9 math\u00e9matique croissante, tous ces mod\u00e8les souffrent des m\u00eames d\u00e9fauts, car ils d\u00e9coulent tous de la m\u00eame hypoth\u00e8se de base, c\u2019est \u00e0 dire que la th\u00e9orie \u00e9conomique est intrins\u00e8quement axiomatique. La proc\u00e9dure correcte pour les math\u00e9matiques, et si souvent fructueusement appliqu\u00e9e \u00e0 la physique et autres sciences \u00abexactes\u00bb, a \u00e9t\u00e9 \u00e9tendue \u00e0 l\u2019\u00e9conomie sur l\u2019hypoth\u00e8se arbitraire que les \u00e9v\u00e9nements \u00e9conomiques peuvent \u00eatre analys\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re que les \u00e9v\u00e9nements physiques. Maintenant, contrairement \u00e0 ce qui se passe en physique, le syst\u00e8me \u00e9conomique est enti\u00e8rement une entit\u00e9 artificielle. Cela signifie que pas un seul \u00e9l\u00e9ment de ce syst\u00e8me ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un axiome. Mais si tout doit \u00eatre expliqu\u00e9 \u00e0 partir de z\u00e9ro, alors l\u2019analyse \u00e9conomique ne peut r\u00e9sulter de la combinaison d\u2019un certain nombre d\u2019hypoth\u00e8ses selon une s\u00e9rie de relations axiomatiques.<\/p>\n<p>L\u2019analyse de Debreu est l\u2019un des exemples les plus clairs de la trajectoire suivie par la plupart des \u00e9conomistes contemporains dans leur recherche d\u2019une th\u00e9orie rigoureuse capable de gagner le respect des chercheurs, plus c\u00e9l\u00e8bres, d\u2019autres sciences. Les math\u00e9matiques sont consid\u00e9r\u00e9es comme une condition n\u00e9cessaire pour la rigueur et le s\u00e9rieux, et leur utilisation est pens\u00e9e pour \u00eatre essentielle \u00e0 la th\u00e9orie \u00e9conomique, m\u00eame au d\u00e9triment de sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. \u00ab\u00a0L\u2019all\u00e9geance \u00e0 la rigueur dicte la forme axiomatique de l\u2019analyse o\u00f9 la th\u00e9orie, au sens strict, est logiquement totalement d\u00e9connect\u00e9e de ses interpr\u00e9tations \u00bb (Debreu 1959: x). Une \u00e9trange all\u00e9geance \u00e0 la rigueur en effet, si elle permet la s\u00e9paration \u00ablogique\u00bb de la th\u00e9orie de l\u2019interpr\u00e9tation \u00e9conomique. Debreu ne semble pas se soucier du fait qu\u2019en s\u2019appuyant tant sur \u200b\u200bles math\u00e9matiques, il est en train de construire une th\u00e9orie axiomatique qui n\u2019a rien \u00e0 voir avec la r\u00e9alit\u00e9. En cas de succ\u00e8s, son exercice donnerait un nouveau champ d\u2019application math\u00e9matique, mais un champ irr\u00e9m\u00e9diablement \u00e9loign\u00e9 du monde r\u00e9el de l\u2019\u00e9conomie. Logiquement, la tentative n\u00e9oclassique de la d\u00e9termination des prix relatifs \u00e0 travers l\u2019\u00e9change est vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chec. L\u2019\u00e9conomie est une science en soi, capable d\u2019\u00eatre aussi rigoureuse que toute autre science exacte. Pourtant, ce n\u2019est pas gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019utilisation syst\u00e9matique des math\u00e9matiques et \u00e0 travers l\u2019axiomatisation que cette fin sera atteinte. C\u2019est la logique qui montre que les prix relatifs sont n\u00e9cessairement ind\u00e9termin\u00e9s, et c\u2019est la r\u00e9alit\u00e9 qui nous oblige \u00e0 reconna\u00eetre que le caract\u00e8re particulier d\u2019un syst\u00e8me \u00e9conomique est donn\u00e9 par la pr\u00e9sence de la monnaie.<\/p>\n<p>La monnaie est un \u00abobjet\u00bb tr\u00e8s particulier, qui a \u00e9t\u00e9 trop souvent pris pour un bien r\u00e9el. Comme les \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents dans la th\u00e9orie bancaire l\u2019ont confirm\u00e9, il serait \u00e0 la fois anachronique et faux de prendre la monnaie comme une chose mat\u00e9rielle. Cela rend les choses plus claires m\u00eame si ce n\u2019est pas facile: la monnaie est une entit\u00e9 immat\u00e9rielle \u00e9mise par les banques \u00e0 chaque fois qu\u2019elles effectuent un paiement pour le compte de leurs clients. Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre distinction \u00e9conomique entre les stocks et les flux, nous dirions que la monnaie est un flux dont la circulation instantan\u00e9e dispose d\u2019un stock de revenu (ou capital) comme son objet. Les banques cr\u00e9ent le flux mais pas son objet, qui est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la production. C\u2019est-\u00e0-dire que la monnaie et le cr\u00e9dit ne sont pas une seule et m\u00eame chose. Afin de fournir \u00e0 leurs clients des cr\u00e9dits, les banques doivent les \u2018alimenter\u2019 par un d\u00e9p\u00f4t positif, c\u2019est \u00e0 dire, un montant positif de revenu ou de capital. Contrairement \u00e0 ce qui se passe pour la cr\u00e9ation d\u2019un simple flux (un v\u00e9hicule num\u00e9rique sans valeur positive), les banques pr\u00eatent des revenus qu\u2019elles n\u2019ont pas cr\u00e9\u00e9s. Correctement utilis\u00e9e, la comptabilit\u00e9 \u00e0 double entr\u00e9e ne permet pas la cr\u00e9ation de revenus ind\u00e9pendamment de la production. Ainsi, en cr\u00e9ant de la monnaie les banques se contentent de fournir \u00e0 l\u2019\u00e9conomie un moyen num\u00e9rique de paiement, l\u2019objet du paiement \u00e9tant d\u00e9riv\u00e9 de l\u2019association de la monnaie avec la production.<\/p>\n<p>Selon le mon\u00e9tarisme, la monnaie est en effet un actif permettant le troc, \u00e9tant ins\u00e9r\u00e9e entre une vente et un achat. La monnaie est donc con\u00e7ue comme un stock et l\u2019offre de monnaie est consid\u00e9r\u00e9e comme la quantit\u00e9 de ce stock, directement ou indirectement, d\u00e9termin\u00e9e par les autorit\u00e9s mon\u00e9taires. Pourtant, si la monnaie est identifi\u00e9e comme un actif positif, les banques b\u00e9n\u00e9ficient de la puissance extraordinaire de cr\u00e9er des richesses \u00e0 partir de rien, pour ainsi dire, ce qui est absurde. En r\u00e9alit\u00e9, les banques agissent comme interm\u00e9diaires mon\u00e9taires, ce qui signifie que la monnaie est d\u00e9livr\u00e9e sous forme de flux, les banques effectuent des paiements pour le compte de leurs clients. Chaque paiement est une op\u00e9ration tripolaire impliquant une banque et deux de ses clients, dans laquelle chacun des trois agents impliqu\u00e9s est \u00e0 la fois un acheteur et un vendeur sur les march\u00e9s du travail, des biens et les march\u00e9s financiers. Comme la monnaie est une forme purement num\u00e9rique, elle n\u2019entre jamais dans une vente nette ou d\u2019un achat net et doit donc \u00eatre clairement distingu\u00e9e des d\u00e9p\u00f4ts bancaires, des actifs nets et des passifs qui entrent dans le bilan de la banque et qui ne peuvent r\u00e9sulter que de l\u2019association entre la monnaie \u00a0et les biens issus de la production. L\u2019id\u00e9e de Knapp selon laquelle la monnaie est essentiellement \u00e9tatique est ainsi contredite par le fait que, comme tout autre agent \u00e9conomique, l\u2019Etat ne peut pas financer ses d\u00e9penses par la cr\u00e9ation mon\u00e9taire, c\u2019est-\u00e0-dire en \u00e9mettant une reconnaissance de dette. Dans un syst\u00e8me logique (par opposition au syst\u00e8me pathologique), les d\u00e9penses publiques sont limit\u00e9es par le montant des revenus que le gouvernement peut obtenir par la fiscalit\u00e9, les pr\u00eats priv\u00e9s, et la vente de biens et services publics, ce qui signifie simplement que, encore une fois, comme tout autre agent, l\u2019Etat peut financer ses achats uniquement par les ventes simultan\u00e9es et \u00e9quivalentes sur le march\u00e9 des biens et les march\u00e9s financiers. Ce qui se cache derri\u00e8re la confusion entre la monnaie et le revenu est le concept de monnaie de cr\u00e9dit et la croyance erron\u00e9e selon laquelle quand les banques cr\u00e9ent la monnaie, elles accordent un cr\u00e9dit positif \u00e0 l\u2019\u00e9conomie. Cela est particuli\u00e8rement \u00e9vident dans l\u2019analyse mon\u00e9taire de la production propos\u00e9e par les membres de la \u00abth\u00e9orie du circuit\u00a0\u00bb. Apparemment pas au courant de l\u2019absurdit\u00e9 implicite \u00e0 soutenir que les banques peuvent cr\u00e9er des actifs financiers positifs \u00e0 partir de rien, ces \u00e9conomistes affirment que la production est financ\u00e9e par la monnaie de cr\u00e9dit nouvellement cr\u00e9\u00e9 que les entreprises d\u00e9pensent pour couvrir leurs co\u00fbts. Leur m\u00e9connaissance de la nature tr\u00e8s particuli\u00e8re de la monnaie conduit \u00e0 croire qu\u2019 \u00abayant acc\u00e8s au cr\u00e9dit bancaire, les entreprises b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un pouvoir d\u2019achat quasi illimit\u00e9\u00bb (Graziani 1996, 12, notre traduction). Ce qui a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement oubli\u00e9e par les th\u00e9oriciens du circuit est la nature v\u00e9hiculaire de la monnaie. Sa compr\u00e9hension n\u00e9cessite d\u2019entrer dans le monde des grandeurs purement num\u00e9riques et de la comptabilit\u00e9 \u00e0 double entr\u00e9e. Quoi que les \u00ab\u00a0circuitistes\u00a0\u00bb et les \u00e9conomistes post-keyn\u00e9siens ont clairement vu que la monnaie est une monnaie bancaire. Ce qu\u2019ils n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 voir, c\u2019est que les banques cr\u00e9ent une grandeur purement num\u00e9rique qui est \u00e0 la fois positive et n\u00e9gative, et que cette grandeur n\u2019existe qu\u2019instantan\u00e9ment, comme un flux circulaire. En outre, la plupart de ces auteurs ne voient pas la nature particuli\u00e8re du travail et finissent par partager la vision n\u00e9oclassique d\u2019un travail qui n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un facteur de production parmi d\u2019autres. En r\u00e9alit\u00e9, comme les classiques et Keynes connaissaient bien, le travail est le seul facteur macro\u00e9conomique de la production, et c\u2019est \u00e0 travers le paiement des salaires que le produit physique est donn\u00e9 sous sa forme num\u00e9rique et qu\u2019un revenu positif appara\u00eet en premier. Le revenu est donc un stock (un d\u00e9p\u00f4t bancaire) dont la valeur est positive, car elle d\u00e9finit le contenu r\u00e9el de la monnaie \u2013les biens produits \u2013 exprim\u00e9e en unit\u00e9s de salaire.<\/p>\n<p>La nature m\u00eame de la monnaie bancaire est num\u00e9rique. Biens et services r\u00e9els, d\u2019autre part, sont physiques (quoique pas n\u00e9cessairement mat\u00e9riaux). Qu\u2019est-ce que la production alors? S\u2019agit-il d\u2019un processus de transformation qui a lieu en continu ou en discontinu dans le temps chronologique? D\u2019un point de vue physique, c\u2019est vrai. Mais cela ne devrait pas \u00eatre la principale pr\u00e9occupation de l\u2019\u00e9conomiste. Les \u00e9conomistes doivent analyser la production du point de vue \u00e9conomique et de ce point de vue la production est le processus par lequel le produit physique est donn\u00e9 sous sa forme mon\u00e9taire. L\u2019association entre la monnaie et la production \u00e9tant le r\u00e9sultat d\u2019un paiement (instantan\u00e9), la production elle-m\u00eame est un \u00e9v\u00e9nement instantan\u00e9. Aussi surprenant que cela puisse para\u00eetre au premier abord, il faut reconna\u00eetre que c\u2019est le seul r\u00e9sultat concordant avec les faits\u00a0: les biens et services physiques sont donn\u00e9s sous leur forme num\u00e9rique (monnaie) par le paiement de leurs co\u00fbts de production. Gr\u00e2ce \u00e0 un processus de transformation physique, les mati\u00e8res premi\u00e8res acqui\u00e8rent une nouvelle forme-utilit\u00e9, mais c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 un paiement que les objets nouvellement fabriqu\u00e9s sont transform\u00e9s en biens \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>Production et consommation sont des \u00e9v\u00e9nements de nature macro\u00e9conomique. \u00c0 l\u2019exception notable de l\u2019approche mon\u00e9taire de Keynes, la production a surtout \u00e9t\u00e9 analys\u00e9e comme un processus lin\u00e9aire (mod\u00e8les s\u00e9quentiels autrichiens), comme le r\u00e9sultat d\u2019un ajustement simultan\u00e9 (mod\u00e8les d\u2019\u00e9quilibre g\u00e9n\u00e9ral), ou comme un processus circulaire (mod\u00e8les d\u2019entr\u00e9es-sorties). Comme cela est confirm\u00e9 par l\u2019utilisation des fonctions de production et les m\u00e9thodes techniques de production, dans toutes ces analyses la production est consid\u00e9r\u00e9e comme un processus de transformation physique qui peut \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 par un ensemble de relations fonctionnelles ou comme une s\u00e9quence d\u2019\u00e9tapes de fabrication. Selon cette approche globale, la production est donc un processus de transformation effectu\u00e9 par un certain nombre de facteurs \u2013 habituellement enregistr\u00e9s sous les rubriques de la main-d\u2019\u0153uvre, du capital et de la \u00abterre\u00bb \u2013 dont les co\u00fbts sont couverts par les entreprises. Mais alors, aucune distinction n\u2019est possible entre les co\u00fbts sociaux (macro\u00e9conomiques) et les co\u00fbts micro\u00e9conomiques de la production : que ce soit du point de vue de l\u2019agr\u00e9gat ou du point de vue de chaque entreprise unique, la production est un processus de transformation dont les co\u00fbts d\u00e9rivent des diff\u00e9rents facteurs qui y entrent. Une v\u00e9ritable analyse macro\u00e9conomique de la production n\u2019est possible que si le travail humain est reconnu comme ayant un statut conceptuel diff\u00e9rent des autres facteurs, et que si la monnaie n\u2019est plus identifi\u00e9e avec un actif. Selon une interpr\u00e9tation moderne de l\u2019analyse mon\u00e9taire de Keynes, la production est donc un processus \u00e9conomique r\u00e9sultant de la seule main-d\u2019\u0153uvre et donnant lieu \u00e0 une production \u00e9conomique d\u00e9finie en unit\u00e9s de salaire. Puisque c\u2019est par l\u2019association de la monnaie avec la production que le revenu est form\u00e9, et puisque le revenu est le r\u00e9sultat sp\u00e9cifique de la production, il s\u2019ensuit que, d\u2019un point de vue purement \u00e9conomique, la production est l\u2019\u00e9v\u00e9nement instantan\u00e9 (le paiement des salaires) \u00e0 travers lequel le produit est d\u00e9livr\u00e9 comme un montant positif de revenus mon\u00e9taires. Dans sa d\u00e9finition la plus rigoureuse, la production est alors un \u00e9change absolu, car elle est l\u2019op\u00e9ration m\u00eame par laquelle les produits sont transform\u00e9s en une somme de revenus mon\u00e9taires, c\u2019est-\u00e0 travers la production que le produit devient l\u2019objet d\u2019un d\u00e9p\u00f4t bancaire. La nature macro-\u00e9conomique de la production provient imm\u00e9diatement du fait que chaque paiement unique des salaires augmente le montant du revenu national actuellement form\u00e9.<\/p>\n<p>La nature \u00e9conomique de la production se d\u00e9gage quand on se r\u00e9f\u00e8re au profit et \u00e0 sa d\u00e9finition comme surplus net. Depuis les contributions de Quesnay, le profit a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 comme un surplus, produit soit par la nature (comme le soutiennent les physiocrates), soit par le travail (comme l\u2019affirment les Classiques) ou par le processus de production lui-m\u00eame (Sraffa, Leontief et Pasinetti). L\u2019existence d\u2019un produit net dans un processus de transformation physique est quelque peu myst\u00e9rieuse. Si la production est vue d\u2019un point de vue physique, il est inutile de chercher un r\u00e9el surplus. Le principe de la transformation de Lavoisier s\u2019applique, et aucune diff\u00e9rence positive peut jamais appara\u00eetre entre les entr\u00e9es et les sorties. Une analyse critique de la tentative de d\u00e9finir les profits comme un exc\u00e9dent net nous entra\u00eene \u00e0 choisir entre deux solutions mutuellement exclusives. Soit nous maintenons qu\u2019aucun produit net ne peut jamais \u00eatre form\u00e9 dans l\u2019\u00e9conomie (qui est ainsi r\u00e9duite \u00e0 une s\u00e9rie infinie de processus de transformation physique) ou nous affirmons que tout le produit d\u2019une p\u00e9riode est un exc\u00e9dent net. Dans ce dernier cas, la production est consid\u00e9r\u00e9e non pas comme un processus physique de transformation, mais comme un v\u00e9ritable \u00e9v\u00e9nement \u00e9conomique dans lequel la production acquiert sa forme \u00e9conomique d\u2019origine. La th\u00e9orie mon\u00e9taire quantique s\u2019en tient \u00e0 la derni\u00e8re alternative.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la consommation, sa nature macro\u00e9conomique appara\u00eet clairement d\u00e8s qu\u2019elle est li\u00e9e \u00e0 la d\u00e9pense finale de revenu, c\u2019est l\u2019identit\u00e9 de Keynes entre l\u2019offre et la demande globales ou totales. En opposition avec les notions de fonction de consommation et de l\u2019\u00e9quilibre pr\u00f4n\u00e9 par les \u00e9conomistes n\u00e9oclassiques, l\u2019analyse macro\u00e9conomique pr\u00f4n\u00e9e ici montre que, comme la production, la consommation concerne l\u2019\u00e9change absolu entre la monnaie et la production. Interpr\u00e9t\u00e9e comme les d\u00e9penses effectu\u00e9es pour l\u2019achat final des produits, la consommation est un \u00e9v\u00e9nement macro\u00e9conomique instantan\u00e9 d\u00e9finissant la destruction d\u2019un revenu positif.<\/p>\n<p>Un autre sujet important concerne le probl\u00e8me de l\u2019analyse macro\u00e9conomique du capital et des int\u00e9r\u00eats. Laissant de c\u00f4t\u00e9 l\u2019id\u00e9e n\u00e9oclassique que le capital est un facteur de production au m\u00eame titre que le travail et la terre, le capital est ici analys\u00e9 selon les principes de la th\u00e9orie mon\u00e9taire quantique de production. Dans sa forme traditionnelle le capital est un pont entre le pr\u00e9sent et l\u2019avenir, c\u2019est-\u00e0-dire entre le revenu cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019instant t1, et celui o\u00f9 il est finalement d\u00e9pens\u00e9 (et d\u00e9truit), t2. \u00c0 l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 il est form\u00e9, le revenu courant est ainsi \u00e9pargn\u00e9 et transform\u00e9 en capital-temps. Du t1 \u00e0 t2 le revenu survit comme l\u2019objet d\u2019une cr\u00e9ance financi\u00e8re qui prend la forme du cr\u00e9dit des titulaires de revenus sur les banques et, simultan\u00e9ment, des banques sur les entreprises. Dans sa forme la plus simple, le capital est donc li\u00e9 uniquement \u00e0 l\u2019\u00e9coulement du temps et d\u00e9finit de l\u2019\u00e9pargne r\u00e9versible. Maintenant, la formation d\u2019un v\u00e9ritable capital macro\u00e9conomique n\u00e9cessite que des capitaux-temps soient transform\u00e9s en capital fixe. C\u2019est en effet ce qui se passe lorsque le revenu \u00e9pargn\u00e9 est investi dans la production de biens instrumentaux. Ce n\u2019est donc que lorsque le revenu est investi que la partie du revenu courant est transform\u00e9 en une \u00e9pargne macro\u00e9conomique. Investi dans la production de biens d\u2019\u00e9quipement, le revenu initialement transform\u00e9e en capital-temps est d\u00e9finitivement soustrait au march\u00e9 des biens et aux march\u00e9s financiers pour prendre la forme de capital macro\u00e9conomique, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019un capital qui est devenu \u00abfixe\u00bb pour la soci\u00e9t\u00e9. Solidement construit sur l\u2019identit\u00e9 de Keynes entre l\u2019\u00e9pargne et l\u2019investissement macro-\u00e9conomique, l\u2019analyse du capital fixe est une \u00e9tape n\u00e9cessaire \u00e0 la compr\u00e9hension de l\u2019int\u00e9r\u00eat. \u00c0 tort, con\u00e7u comme le prix de la monnaie ou le prix d\u2019\u00e9quilibre entre l\u2019offre et la demande de liquidit\u00e9s, l\u2019int\u00e9r\u00eat resterait encore une magnitude arbitraire si elle n\u2019\u00e9tait pas li\u00e9e \u00e0 l\u2019accumulation du capital. En fait, l\u2019existence d\u2019un int\u00e9r\u00eat positif sur les pr\u00eats \u00e0 la consommation serait difficile \u00e0 justifier si elle n\u2019\u00e9tait pas soutenue par un int\u00e9r\u00eat positif provenant de l\u2019investissement macro-\u00e9conomique (\u00e9pargne). Comme pr\u00e9sent\u00e9 par Wicksell, \u00ab\u00a0l\u2019int\u00e9r\u00eat sur les pr\u00eats \u00e0 la consommation pure [&#8230;] parasite, pour ainsi dire, une des grandes cat\u00e9gories de revenus sociaux \u00bb (Wicksell 1997, 23-4). Cela signifie que, li\u00e9s \u00e0 un \u00e9change entre un revenu pr\u00e9sent et un revenu futur, les pr\u00eats \u00e0 la consommation se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 l\u2019\u00e9pargne micro\u00e9conomique et donnent lieu \u00e0 un int\u00e9r\u00eat qui est aussi essentiellement micro\u00e9conomique. \u00c9tant \u00e0 la fois positif et n\u00e9gatif d\u2019un agent \u00e0 un autre, le paiement des int\u00e9r\u00eats sur les pr\u00eats \u00e0 la consommation est une op\u00e9ration \u00e0 somme nulle, ce qui laisse le montant du revenu social inchang\u00e9. En net contraste avec la nature micro\u00e9conomique de l\u2019int\u00e9r\u00eat sur les pr\u00eats \u00e0 la consommation, les int\u00e9r\u00eats sur le capital fixe sont un revenu macro\u00e9conomique. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019investissement des profits (c\u2019est la forme \u00abcapitaliste\u00bb de l\u2019\u00e9pargne sociale), une partie du revenu courant \u00e9chappe \u00e0 la consommation et se transforme en capital fixe. Par cons\u00e9quent, l\u2019accumulation de capital fixe implique un sacrifice fait par la soci\u00e9t\u00e9 (\u00e9pargne macro-\u00e9conomique), et l\u2019int\u00e9r\u00eat n\u2019est rien de plus que la compensation de ce sacrifice. L\u2019investissement de l\u2019\u00e9pargne (des profits) et sa transformation en capital macro\u00e9conomique d\u00e9finit une perte d\u00e9finitive de revenus \u2013 qui ne seront plus disponibles sur les march\u00e9s financiers et des produits- et l\u2019int\u00e9r\u00eat devient la compensation de cette perte, un revenu qui, p\u00e9riode apr\u00e8s p\u00e9riode, remplace la partie d\u2019abord absorb\u00e9e dans la production de biens capitaux.<\/p>\n<p>Un r\u00e9sultat important de l\u2019analyse macro\u00e9conomique quantique du capital est de montrer que l\u2019inflation et le ch\u00f4mage involontaire sont les r\u00e9sultats jumeaux d\u2019un processus anormal de l\u2019accumulation du capital. Selon les \u00e9conomistes classiques, l\u2019inflation est due \u00e0 une hausse inattendue de la masse mon\u00e9taire. Les prix sont \u00e0 la fois r\u00e9els et mon\u00e9taire. L\u2019inflation est identifi\u00e9e par un processus de hausse continue des prix mon\u00e9taires caus\u00e9 par une augmentation de la quantit\u00e9 de monnaie affectant la demande globale. Maintenant, une croissance rapide de la masse mon\u00e9taire n\u2019augmente la demande globale que si la monnaie a une valeur positive, ce qui est le cas si elle est consid\u00e9r\u00e9e comme un actif. Mais la valeur de la monnaie est mesur\u00e9e \u00e0 l\u2019inverse du niveau de prix. Le cercle vicieux de l\u2019approche traditionnelle est donc patent: la monnaie est \u00e9mise\u00a0 avec une valeur positive et cette valeur d\u00e9pend du niveau des prix qui est lui-m\u00eame d\u00e9pendant de la demande globale exerc\u00e9e par la monnaie. Une autre caract\u00e9ristique d\u2019analyses de la pens\u00e9e orthodoxe est l\u2019utilisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de l\u2019indice des prix en tant que norme de l\u2019inflation. Pourtant, il y a des augmentations de prix de march\u00e9 qui r\u00e9sultent simplement d\u2019une nouvelle r\u00e9partition des revenus sans modification du pouvoir d\u2019achat de la monnaie, ce qui montre clairement qu\u2019il n\u2019est pas possible de mesurer l\u2019inflation par une hausse persistante des prix micro\u00e9conomiques.<\/p>\n<p>L\u2019approche th\u00e9orique quantique de l\u2019inflation implique un changement radical par rapport \u00e0 l\u2019analyse traditionnelle. A partir de l\u2019identit\u00e9 entre l\u2019offre globale (O) et de la demande globale (D), il est montr\u00e9 que la diff\u00e9rence num\u00e9rique entre ces deux termes se pose lorsque l\u2019accumulation du capital et l\u2019amortissement sont effectu\u00e9s au sein d\u2019un syst\u00e8me de paiement dans lequel aucune distinction n\u2019est faite entre la monnaie, le revenu et le capital fixe. Le processus pathologique d\u2019aujourd\u2019hui de l\u2019accumulation du capital et de l\u2019amortissement est aussi la cause d\u2019une croissance inqui\u00e9tante du ch\u00f4mage involontaire, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une situation dans laquelle le ch\u00f4mage augmente \u00ab\u00a0quel que soit le comportement de tous les agents \u00e9conomiques\u00bb (Bradley 2003, 399). Comme sugg\u00e9r\u00e9 par Wicksell, l\u2019accumulation du capital pathologique et sa suraccumulation conduit \u00e0 une baisse du taux d\u2019int\u00e9r\u00eat naturel. Lorsque le taux naturel est tr\u00e8s proche ou \u00e9gal au taux d\u2019int\u00e9r\u00eat du march\u00e9, la d\u00e9flation s\u2019installe, et l\u2019\u00e9conomie commence \u00e0 souffrir \u00e0 la fois d\u2019une hausse inflationniste des prix et d\u2019une hausse d\u00e9flationniste conduisant au ch\u00f4mage. La coexistence de l\u2019inflation (D&gt; O) et la d\u00e9flation (D &lt;O) est une marque du d\u00e9sordre mon\u00e9taire actuel. L\u2019analyse traditionnelle ne peut pas expliquer, ni concilier ces deux d\u00e9s\u00e9quilibres avec l\u2019identit\u00e9 logique de Keynes (D \u2261 O). Pourtant, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui doit \u00eatre fait. L\u2019approche th\u00e9orique quantique de Schmitt m\u00e8ne \u00e0 cette r\u00e9conciliation dialectique au sein d\u2019une v\u00e9ritable analyse macro\u00e9conomique de l\u2019inflation et du ch\u00f4mage.<\/p>\n<p>D\u2019un point de vue mon\u00e9taire, l\u2019\u00e9conomie est une science ayant ses propres lois logiques. Le but de la th\u00e9orie \u00e9conomique est de d\u00e9terminer ce que ces lois sont et de montrer comment elles peuvent \u00eatre mises en \u0153uvre. L\u2019analyse du capital fournit un exemple clair de la fa\u00e7on dont ces lois fonctionnent. En particulier, elle nous aide \u00e0 comprendre quelles cons\u00e9quences d\u00e9vastatrices peuvent d\u00e9couler si on ne les respecte pas. Prenons, par exemple, la loi selon laquelle un revenu est d\u00e9truit quand il est d\u00e9pens\u00e9 pour l\u2019achat final de biens. Si l\u2019investissement des profits a lieu de telle mani\u00e8re que les profits sont d\u00e9pens\u00e9s (sur le march\u00e9 du travail) pour l\u2019achat final des biens d\u2019\u00e9quipement, le r\u00e9sultat est la formation d\u2019un nouveau d\u00e9p\u00f4t bancaire. Au lieu d\u2019\u00eatre d\u00e9truits, les profits r\u00e9apparaissent sous forme de salaires et d\u00e9finissent un nouveau d\u00e9p\u00f4t imm\u00e9diatement disponible sur le march\u00e9 financier. Ce type de duplication est le signe d\u2019une anomalie qui conduit in\u00e9vitablement \u00e0 l\u2019inflation d\u00e8s que les biens capitaux entrent dans le processus de production et que l\u2019amortissement est introduit pour tenir compte de leur usure. Un des grands m\u00e9rites de Bernard Schmitt est d\u2019avoir montr\u00e9 que, dans son \u00e9tat pathologique le syst\u00e8me \u00e9conomique se divise en trois secteurs et que quand le troisi\u00e8me secteur se d\u00e9veloppe, il augmente le risque de d\u00e9flation et de ch\u00f4mage. Selon l\u2019intuition de Wicksell, le capital pathologique s\u2019accumule jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il atteigne un point o\u00f9 le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat naturel est inf\u00e9rieur au taux du march\u00e9. D\u00e8s lors, les profits provenant de l\u2019amortissement ne peuvent plus \u00eatre investis dans la production de nouveaux biens d\u2019\u00e9quipement, ce qui d\u00e9clenche un processus qui m\u00e8ne \u00e9ventuellement \u00e0 un ch\u00f4mage involontaire.<\/p>\n<p>Ono l\u2019\u00e9crit tr\u00e8s clairement: \u00abla prosp\u00e9rit\u00e9 actuelle de l\u2019\u00e9conomie n\u00e9oclassique a conduit \u00e0 la situation o\u00f9 les ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00eame keyn\u00e9siens tels que le ch\u00f4mage et la stagnation sont analys\u00e9s totalement dans le cadre de l\u2019\u00e9quilibre n\u00e9oclassique\u00bb (Ono 1994, 1). Bien s\u00fbr, le ch\u00f4mage et la stagnation sont des ph\u00e9nom\u00e8nes keyn\u00e9siens dans la mesure o\u00f9 ils sont au c\u0153ur de la th\u00e9orie de Keynes. Dans les manifestations pathologiques de nos syst\u00e8mes \u00e9conomiques, il n\u2019est pas plus question de keyn\u00e9sien que n\u00e9oclassique ou neoricardien. Le vrai probl\u00e8me est donc de savoir quelle est la th\u00e9orie la plus apte \u00e0 expliquer la nature de ces pathologies. Maintenant, s\u2019il ne peut y avoir peu de doute sur l\u2019inad\u00e9quation de l\u2019analyse de la stagnation propos\u00e9e par les \u00e9conomistes qui attribuent la p\u00e9nurie de la demande effective aux \u00abrigidit\u00e9s prix-salaires ou des imperfections du march\u00e9\u00bb (p. vi) ou \u00abconsid\u00e8rent que les travailleurs sont au ch\u00f4mage en raison de leur pr\u00e9f\u00e9rence \u00bb (p. vi), il est \u00e9galement difficile de croire que le ch\u00f4mage et la stagnation persistante peuvent \u00eatre expliqu\u00e9es en termes d\u2019\u00e9quilibre et de vitesse d\u2019ajustement. S\u2019il est vrai que le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat joue un r\u00f4le dans la gen\u00e8se de la d\u00e9flation, ce n\u2019est pas d\u00e9montrable en for\u00e7ant la th\u00e9orie de Keynes dans un cadre n\u00e9oclassique, m\u00eame si cela se fait en rempla\u00e7ant deux postulats fondamentaux de l\u2019analyse n\u00e9oclassique. Le temps est venu d\u2019abandonner l\u2019approche de Walras et toutes les diff\u00e9rentes interpr\u00e9tations n\u00e9oclassiques de l\u2019analyse mon\u00e9taire de Keynes afin d\u2019aboutir \u00e0 la v\u00e9ritable origine des anomalies qui entravent le d\u00e9veloppement de nos \u00e9conomies.<\/p>\n<p>L\u2019analyse positive d\u00e9finit les principes dont la r\u00e9forme a besoin pour remplir l\u2019objectif fix\u00e9 par l\u2019analyse normative, c\u2019est la cr\u00e9ation d\u2019un syst\u00e8me \u00e9conomique libre de toute pathologie mon\u00e9taire. Le d\u00e9veloppement de la comptabilit\u00e9 \u00e0 double entr\u00e9e \u2013 rendue possible par la d\u00e9couverte des nombres n\u00e9gatifs \u2013 est \u00e0 l\u2019origine de la monnaie de banque, et repr\u00e9sente la pierre angulaire du syst\u00e8me actuel des paiements. Ricardo (1951-1955) figure parmi les \u00e9conomistes qui ont principalement contribu\u00e9s \u00e0 la compr\u00e9hension de la monnaie bancaire. C\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9conomiste anglo-portugaise, par exemple, que nous devons la distinction entre la cr\u00e9ation mon\u00e9taire et l\u2019interm\u00e9diation financi\u00e8re. Reprenant les concepts de Smith de monnaie nominale et r\u00e9elle (Smith, 1991), Ricardo a pu montrer que la monnaie nominale est litt\u00e9ralement cr\u00e9\u00e9e et que la monnaie r\u00e9elle (revenu) d\u00e9coule de la production, ce qui explique pourquoi le cr\u00e9dit doit \u00eatre soutenu par une interm\u00e9diation financi\u00e8re au lieu d\u2019\u00eatre identifi\u00e9e \u00e0 tort avec la cr\u00e9ation de monnaie. La th\u00e9orie mon\u00e9taire de production de Keynes a \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 am\u00e9liorer l\u2019analyse mon\u00e9taire. Les banquiers ont le m\u00e9rite d\u2019avoir contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration radicale du fonctionnement du syst\u00e8me mon\u00e9taire gr\u00e2ce \u00e0 la mise en \u0153uvre d\u2019une structure interbancaire de compensation pour r\u00e9gler les paiements interbancaires. Ce qui importe vraiment est de fournir une structure mon\u00e9taire saine o\u00f9 la monnaie joue son r\u00f4le conform\u00e9ment \u00e0 sa propre nature (bancaire).<\/p>\n<p>Les d\u00e9sordres mon\u00e9taires sont caus\u00e9s par l\u2019impossibilit\u00e9 de l\u2019actuel syst\u00e8me de paiement de se conformer aux r\u00e8gles logiques de la\u00a0 monnaie bancaire. L\u2019approche macro\u00e9conomique de l\u2019\u00e9conomie mon\u00e9taire est marqu\u00e9e par la n\u00e9cessit\u00e9 de reconsid\u00e9rer le r\u00f4le jou\u00e9 par la structure des paiements mon\u00e9taires dans le processus d\u2019accumulation du capital. Le temps est venu de d\u00e9tourner l\u2019attention de consid\u00e9rations comportementales pour s\u2019int\u00e9resser au fonctionnement de la structure mon\u00e9taire qui sous-tend toute l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. Cela ne signifie pas, bien s\u00fbr, que la micro\u00e9conomie doit \u00eatre oubli\u00e9e. Au contraire, les analyses qui ont trait \u00e0 la d\u00e9cision entrepreneuriale et aux politiques \u00e9conomiques doivent continuer \u00e0 \u00eatre \u00e9labor\u00e9es en termes micro\u00e9conomiques. Pourtant, ils devraient s\u2019int\u00e9grer dans \u00a0le cadre logique repr\u00e9sent\u00e9 par les lois de la macro\u00e9conomie mon\u00e9taire. Les agents \u00e9conomiques doivent \u00eatre totalement libres de prendre leur d\u00e9cisions et la th\u00e9orie micro\u00e9conomique peut les aider \u00e0 choisir les plus rentables. L\u2019absence de d\u00e9sordres mon\u00e9taires, cependant, ne d\u00e9pend pas de la nature de ces d\u00e9cisions, mais de la conformit\u00e9 logique du syst\u00e8me des paiements avec les lois de la macro\u00e9conomie mon\u00e9taire. Il est ainsi possible de distinguer le domaine qui est propre \u00e0 la macro\u00e9conomie de celui relatif \u00e0 l\u2019analyse micro\u00e9conomique. Il est \u00e9galement possible de clarifier la relation existante entre ces deux approches compl\u00e9mentaires, et de montrer que, contrairement \u00e0 une id\u00e9e commun\u00e9ment r\u00e9pandue, la macro\u00e9conomie ne peut pas correspondre \u00e0 la simple agr\u00e9gation de variables micro\u00e9conomiques. La macro\u00e9conomie est une science avec ses propres m\u00e9rites. Elle d\u00e9finit un ensemble de r\u00e8gles logiques auxquelles le syst\u00e8me des paiements (national et international) doit se conformer pour d\u00e9finitivement \u00e9viter les d\u00e9sordres mon\u00e9taires. L\u2019analyse mon\u00e9taire quantique traite de ces points et montre qu\u2019au niveau national, les troubles mon\u00e9taires ne peuvent \u00eatre correctement \u00e9limin\u00e9s que par une r\u00e9forme du syst\u00e8me bancaire bas\u00e9 sur la distinction structurelle entre les domaines mon\u00e9taire et financier et le d\u00e9partements du capital fixe.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019origine de l\u2019inflation, de la d\u00e9flation et du ch\u00f4mage et leur solution par une r\u00e9forme comptable des banques \u00a0Selon l\u2019analyse mon\u00e9taire quantique de l\u2019\u00e9conomie, en l\u2019absence d\u2019une r\u00e9forme de la comptabilit\u00e9 bancaire, les mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, prises par un certain nombre de gouvernements nationaux visant \u00e0 assurer l\u2019\u00e9quit\u00e9 sociale et l\u2019augmentation de la consommation int\u00e9rieure, pourraient retarder l\u2019effondrement du syst\u00e8me \u00e9conomique, mais elles ne vont pas emp\u00eacher qu\u2019il se produise :&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quantum-macroeconomics.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/168"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quantum-macroeconomics.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quantum-macroeconomics.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quantum-macroeconomics.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quantum-macroeconomics.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=168"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quantum-macroeconomics.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/168\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":170,"href":"https:\/\/www.quantum-macroeconomics.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/168\/revisions\/170"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quantum-macroeconomics.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=168"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}