{"id":91,"date":"2018-08-19T08:17:36","date_gmt":"2018-08-19T08:17:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.quantum-macroeconomics.info\/?page_id=91"},"modified":"2019-07-10T18:14:17","modified_gmt":"2019-07-10T18:14:17","slug":"economie-internationale","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.quantum-macroeconomics.info\/index.php\/language\/en\/economie-internationale\/","title":{"rendered":"Economie Internationale"},"content":{"rendered":"<p align=\"center\"><strong>LES PROBLEMES RELATIFS A LA SOUVERAINETE MONETAIRE,<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>LE SERVICE DE LA DETTE EXTERIEURE,<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>LE TAUX DE CHANGE ET LEURS SOLUTIONS<\/strong><\/p>\n<p>Baranzini M.* et Cencini A. (2001).&nbsp;<strong>Introduction<\/strong>, dans S. Rossi, Money and Inflation. A New Macroeconomic Analysis, Cheltenham (UK) &amp; Northampton (USA), Edward Elgar, pp.xix-xxvii.<\/p>\n<p>Traduit par Cristophe Chabin.<\/p>\n<p>*Professeur ordinaire&nbsp;d\u2019\u00c9conomie politique. Dr. rer. pol. (Fribourg), MA et DPhil (Oxford), visiting professor dans de nombreuses Universit\u00e9s dont Harvard, Berkeley, MIT, Stanford et Cambridge.<\/p>\n<p><b>D\u00e9sordre mon\u00e9taire mondial<\/b><\/p>\n<p>Le syst\u00e8me mon\u00e9taire mondial actuel d\u00e9coule directement du syst\u00e8me mis en place \u00e0 Bretton Woods en 1944. Malgr\u00e9 les modifications ult\u00e9rieures de l\u2019\u00e9talon-or-\u00e9change \u2013 en particulier la d\u00e9cision de suspendre la convertibilit\u00e9 du dollar en 1971 \u2013 les transactions entre pays sont toujours r\u00e9gl\u00e9es en dollars ou dans d\u2019autres devises principales. Il n\u2019existe pas de v\u00e9ritable syst\u00e8me de compensation international, et aucune monnaie internationale n\u2019a encore remplac\u00e9 le dollar am\u00e9ricain. Dans un tel contexte, il est l\u00e9gitime de se demander si et comment une homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 mon\u00e9taire peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e au niveau international. Cela revient \u00e0 se demander si oui ou non les taux de change peuvent \u00eatre d\u00e9finis comme les prix relatifs des monnaies nationales et d\u00e9termin\u00e9s par l\u2019adaptation de leurs offres et demandes. Ainsi, nous voyons comment sont \u00e9troitement li\u00e9s les probl\u00e8mes internationaux et nationaux. En fait, s\u2019il \u00e9tait possible de d\u00e9terminer les prix relatifs des biens et services \u00e0 travers leur \u00e9change direct sur \u200b\u200ble march\u00e9 des produits, il semblerait tout \u00e0 fait naturel de chercher la d\u00e9termination des taux de change sur le march\u00e9 des changes. Mais, est-il vraiment ainsi? Est-ce bien exact de consid\u00e9rer les taux de change comme des prix relatifs? Les monnaies ont-elles un prix? R\u00e9pondre par l\u2019affirmative reviendrait \u00e0 pr\u00e9tendre qu\u2019au niveau international, les monnaies nationales sont transform\u00e9es de moyen d\u2019\u00e9change en objets. Une demande \u00e9trange en effet, puisque la monnaie est la forme num\u00e9rique dans laquelle les prix sont exprim\u00e9s et qui, comme telle, ne peut avoir logiquement un prix. Pourtant, cette \u00abv\u00e9rit\u00e9\u00bb, assez simple, semble avoir \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9e ou du moins minimis\u00e9e par l\u2019\u00e9conomie dominante. Le r\u00e9sultat est une incapacit\u00e9 \u00e0 comprendre la r\u00e9alit\u00e9 et \u00e0 fournir une solution valable \u00e0 l\u2019instabilit\u00e9 qui entrave notre syst\u00e8me de paiements internationaux.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 ce qui est suppos\u00e9 dans la majorit\u00e9 des mod\u00e8les qui pr\u00e9tendent expliquer les fluctuations des taux de change, la nouvelle th\u00e9orie quantique de l\u2019\u00e9conomie mon\u00e9taire montre que les taux de change ne \u200b\u200bsont pas expos\u00e9s \u00e0 des troubles mon\u00e9taires nationaux, aux taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, ou \u00e0 des d\u00e9s\u00e9quilibres commerciaux et financiers. Le fait est qu\u2019\u00e0 l\u2019unique exception du service de la dette ext\u00e9rieure, les transactions internationales impliquent des op\u00e9rations r\u00e9ciproques entre les pays, une condition n\u00e9cessaire et suffisante pour garantir l\u2019\u00e9quilibre sur le march\u00e9 des changes. Par exemple, prenons le cas o\u00f9 un pays donn\u00e9, A, est un importateur commercial net par rapport au reste du monde, R. Deux situations sont possibles. Si A est un pays dont la monnaie est de r\u00e9serve, ses importations nettes sont pay\u00e9es par le cr\u00e9dit du syst\u00e8me bancaire du reste du monde, R, avec un d\u00e9p\u00f4t bancaire en monnaie A. L\u2019afflux net de biens et services est donc \u00e9quilibr\u00e9e par une sortie \u00e9quivalente de cr\u00e9ances sur les d\u00e9p\u00f4ts bancaires. La demande de monnaie R (MR) en termes de monnaie A (MA), en raison des importations commerciales nettes de A, est compens\u00e9e par une demande \u00e9quivalente en monnaie A en termes de monnaie R, ce qui laisse le taux de change inchang\u00e9. Si MA n\u2019est pas une monnaie de r\u00e9serve, le pays A paie ses importations nettes en monnaie R. Ce qu\u2019il peut faire, soit en puisant dans ses r\u00e9serves officielles ou par l\u2019obtention d\u2019un pr\u00eat de R. Puisque les r\u00e9serves officielles sont effectivement utilis\u00e9es \u00e0 d\u2019autres fins (principalement \u00e0 rassurer les investisseurs \u00e9trangers), c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 un pr\u00eat que A re\u00e7oit le montant de MR n\u00e9cessaire pour payer ses importations commerciales. Maintenant, le pr\u00eat est obtenu en exportant une quantit\u00e9 \u00e9quivalente de cr\u00e9ances financi\u00e8res. En raison du cr\u00e9dit net obtenu de R, A contracte une dette, ce qui est pr\u00e9cis\u00e9ment le r\u00e9sultat de la vente nette de cr\u00e9ances financi\u00e8res. Comme dans le cas pr\u00e9c\u00e9dent, les achats nets de biens et services r\u00e9els est compens\u00e9e par une vente nette des obligations financi\u00e8res, de sorte qu\u2019aucune variation des taux de change ne se produit entre MA et MR.<\/p>\n<p>Le paiement des exportations commerciales et des actifs financiers nets de A conduit au m\u00eame r\u00e9sultat: la r\u00e9ciprocit\u00e9 de chaque transaction n\u2019affecte pas le taux de change. Cependant, cela ne signifie pas, que les paiements internationaux suivent un ordre logique. Le premier cas analys\u00e9 ci-dessus montre clairement le contraire. Lors du paiement de ses importations commerciales nettes, un pays avec une monnaie de r\u00e9serve expose sa monnaie \u00e0 un processus de duplication qui m\u00e8ne \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un capital sp\u00e9culatif international. D\u2019abord d\u00e9velopp\u00e9 par Rueff (1979), cette analyse des euro-(ou x\u00e9no-)devises est un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 dans l\u2019explication des variations erratiques des taux de change. R\u00e9sumons bri\u00e8vement les principales \u00e9tapes logiques de l\u2019analyse. Le paiement par un pays avec une monnaie de r\u00e9serve, A, de ses importations commerciales nettes implique le transfert vers les pays exportateurs, R, de droits de cr\u00e9dit sur \u200b\u200bles d\u00e9p\u00f4ts bancaires de A. Comme le montre la comptabilit\u00e9 \u00e0 partie double, pas une seule unit\u00e9 de revenu form\u00e9e en A n\u2019est transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 R. Le cr\u00e9dit enregistr\u00e9 sur les actifs du syst\u00e8me bancaire de R montre bien qu\u2019une partie des d\u00e9p\u00f4ts bancaires en A est maintenant la propri\u00e9t\u00e9 de R. Les d\u00e9p\u00f4ts eux-m\u00eames, cependant, sont encore enti\u00e8rement dans le syst\u00e8me bancaire de A. Par cons\u00e9quent, ce que R gagne est la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un d\u00e9p\u00f4t qui reste disponible en A. Maintenant, la cons\u00e9quence est que la quantit\u00e9 de monnaie A enregistr\u00e9e dans le syst\u00e8me bancaire de &nbsp;R devient autonome par rapport \u00e0 son d\u00e9p\u00f4t correspondant dans A. Comme l\u2019a soulign\u00e9 Rueff, la monnaie A est soumise \u00e0 une duplication \u00e0 partir du moment o\u00f9 elle disponible \u00e0 la fois en A et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Aussi, tandis que les d\u00e9p\u00f4ts bancaires en A d\u00e9finissent le revenu actuel de A, le d\u00e9p\u00f4t dupliqu\u00e9 est investi \u00e0 l\u2019\u00e9tranger sans contenu r\u00e9el d\u2019aucune sorte.<\/p>\n<p>En permettant \u00e0 la duplication d\u2019avoir lieu et au duplicata de devenir ind\u00e9pendant des d\u00e9p\u00f4ts bancaires initiaux, l\u2019architecture actuelle des paiements internationaux permet la formation d\u2019un capital dont la nature est essentiellement sp\u00e9culative. Sans aucun lien avec la production, ce capital alimente un march\u00e9 sp\u00e9culatif dans lequel les monnaies nationales deviennent l\u2019objet d\u2019\u00e9changes et leur taux de change d\u00e9pendent directement de l\u2019offre et de la demande. Comme pour les marchandises, les x\u00e9no-monnaies sont achet\u00e9es et vendues, m\u00eame si, contrairement \u00e0 ce qui se passe avec les marchandises, leur prix n\u2019est pas li\u00e9 \u00e0 leur co\u00fbt de production. Aussi, \u00e9tant une simple duplication, les x\u00e9no-monnaies ne contiennent aucune production. Malgr\u00e9 ce manque de relation objective avec la production, la x\u00e9no- monnaies sont des objets autonomes n\u00e9gociables sur le march\u00e9 des changes. Ce qui fait le caract\u00e8re sp\u00e9culatif de ce march\u00e9 n\u2019est pas le type de transaction utilis\u00e9 (dont certains ne sont pas du tout sp\u00e9culatif), mais l\u2019existence d\u2019un d\u00e9p\u00f4t qui est d\u00fb au processus pathologique profond de duplication qui transforme la monnaie de moyens en objets de paiement. La sp\u00e9culation est l\u2019effet et non la cause des capitaux sp\u00e9culatifs, qui sont une cons\u00e9quence directe de la duplication des monnaies. D\u00e8s que les monnaies sont transform\u00e9es en objets d\u2019\u00e9change, leur taux de change fluctue en fonction de leurs ventes et leurs achats, et la sp\u00e9culation se pose en vue de r\u00e9aliser des gains en capital provenant de ces variations. Il n\u2019est pas surprenant, donc, que ce genre de sp\u00e9culation devient la principale cause de la fluctuation des taux de change, qui, \u00e0 son tour, devient la principale incitation \u00e0 la sp\u00e9culation.<\/p>\n<p>N\u2019y a-t-il pas moyen d\u2019\u00e9chapper \u00e0 ce cercle vicieux? Peut-on \u00e9tablir l\u2019ordre mon\u00e9taire international? L\u2019analyse donne les bases d\u2019une r\u00e9forme qui conduirait \u00e0 ce r\u00e9sultat. Annonc\u00e9e par le plan Keynes (Bretton Woods, 1944), la r\u00e9forme propos\u00e9e par Schmitt et ses collaborateurs vise \u00e0 transformer le syst\u00e8me actuel de taux relatifs en un syst\u00e8me de taux absolus. D\u2019un r\u00e9gime dans lequel les devises sont \u00e9chang\u00e9es les unes contre les autres, nous devons passer \u00e0 un syst\u00e8me o\u00f9 chaque monnaie sera \u00e9chang\u00e9e contre elle-m\u00eame, c\u2019est \u00e0 dire un syst\u00e8me o\u00f9 chaque fois que la monnaie A est \u00e9chang\u00e9e contre de la monnaie R, MR est imm\u00e9diatement \u00e9chang\u00e9e contre MA. Loin d\u2019\u00eatre \u00e9trange, ce principe est le seul qui soit compatible avec la nature comptable de la monnaie et son utilisation circulaire. Lorsque la r\u00e9forme est strictement appliqu\u00e9e aux transactions commerciales et financi\u00e8res entre les pays, elle \u00e9vite les doubles emplois et garantit en m\u00eame temps la stabilit\u00e9 du taux de change. Ainsi, la progression du d\u00e9sordre \u00e0 l\u2019ordre exige la cr\u00e9ation d\u2019une structure permettant des transactions internationales qui auront lieu \u00e0 travers des \u00e9changes absolus. Cela peut \u00eatre fait-en suivant la suggestion de Keynes de charger une \u00abBanque mondiale\u00bb d\u2019\u00e9mettre une nouvelle monnaie internationale, et d\u2019agir \u00e0 la fois comme un interm\u00e9diaire mon\u00e9taire et une chambre de compensation.<\/p>\n<p>Par exemple, consid\u00e9rons la fa\u00e7on dont le paiement des importations commerciales nettes de A devra \u00eatre effectu\u00e9. Le principe de l\u2019\u00e9change r\u00e9ciproque \u00e9tant fondamental pour garantir l\u2019utilisation circulaire de la monnaie, il doit \u00eatre appliqu\u00e9 \u00e9galement par la nouvelle Banque mondiale, qui, selon les r\u00e8gles de compensation, pourrait payer A seulement si A est le b\u00e9n\u00e9ficiaire d\u2019un paiement \u00e9quivalent du reste du monde, R. Dans notre exemple, la nouvelle Banque mondiale pourrait effectuer le paiement des exportations nettes de A si A vend une quantit\u00e9 \u00e9quivalente de titres \u00e0 R. La nouvelle monnaie internationale \u00e9mise par la Banque mondiale serait donc utilis\u00e9e simultan\u00e9ment pour transf\u00e9rer des biens et des services de R \u00e0 A, et des titres financiers de A \u00e0 R. L\u2019\u00e9change r\u00e9ciproque d\u2019actifs commerciaux et financiers aurait lieu gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019utilisation circulaire de la nouvelle monnaie mondiale, qui, comme toute autre monnaie, reviendrait instantan\u00e9ment \u00e0 son point d\u2019\u00e9mission. En permettant \u00e0 la nouvelle monnaie internationale d\u2019\u00eatre utilis\u00e9e dans un cercle ferm\u00e9, le nouveau syst\u00e8me permettrait \u00e9galement de garantir la stabilit\u00e9 des taux de change entre MA et MR. Chaque monnaie nationale, en fait, serait \u00e9chang\u00e9e contre elle-m\u00eame par l\u2019interm\u00e9diaire de la nouvelle monnaie mondiale. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 chang\u00e9e dans la nouvelle monnaie internationale pour payer les importations commerciales de A, la monnaie de A reviendrait imm\u00e9diatement \u00e0 sa forme originale, \u00e9tant donn\u00e9 la parfaite r\u00e9ciprocit\u00e9 des transactions entre les pays. En cons\u00e9quence, une substitution pourrait s\u2019op\u00e9rer entre les biens et services export\u00e9s par R et les valeurs financi\u00e8res export\u00e9es par A. Gr\u00e2ce \u00e0 cet \u00e9change absolu, les biens et services vendus par R deviendraient le contenu de la monnaie de A, tandis que les titres export\u00e9s par A prendraient la forme de la monnaie de R. Le nouveau syst\u00e8me de r\u00e8glements internationaux&nbsp; garantirait le paiement r\u00e9el de chaque op\u00e9ration gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019utilisation circulaire de la monnaie \u2013 la nouvelle monnaie mondiale \u2013 qui ne saurait jamais \u00eatre transform\u00e9 en un bien final. Le remplacement du r\u00e9gime actuel des taux de change relatifs en un r\u00e9gime des taux de change absolus, \u00e9viterait la duplication des monnaies nationales et assurerait la stabilit\u00e9 mon\u00e9taire.<\/p>\n<p><b>L\u2019unification mon\u00e9taire europ\u00e9enne<\/b><\/p>\n<p>C\u2019est sans surprise, que l\u2019autre probl\u00e8me rencontr\u00e9 par la nouvelle analyse quantique de l\u2019\u00e9conomie mon\u00e9taire se rapporte au processus d\u2019unification mon\u00e9taire europ\u00e9enne. Comme cela est bien connu, selon les accords sign\u00e9s par l\u2019Union europ\u00e9enne (\u00e0 l\u2019exception notable du Danemark et le Royaume-Uni), les monnaies nationales des participants ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es par l\u2019euro au tournant du troisi\u00e8me mill\u00e9naire. Gr\u00e2ce \u00e0 la renonciation volontaire de leur souverainet\u00e9 mon\u00e9taire, les pays de l\u2019UE cherchent \u00e0 atteindre la stabilit\u00e9 mon\u00e9taire, un r\u00e9sultat qui leur a toujours \u00e9chapp\u00e9 en raison des fluctuations impr\u00e9visibles des taux de change (\u00e0 cet \u00e9gard, nous allons simplement rappeler l\u2019effondrement dramatique du Syst\u00e8me mon\u00e9taire europ\u00e9en en 1992). Or, il est \u00e9vident que quand une monnaie unique remplace un certain nombre de monnaies nationales, elle supprime \u00e9galement leur taux de change. Il reste encore \u00e0 prouver (a) que les effets n\u00e9gatifs de l\u2019abandon de la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire ne d\u00e9passent pas les avantages de la suppression des taux de change et (b) que la stabilit\u00e9 des taux de change ne \u200b\u200bpeut \u00eatre atteint sans forcer les pays \u00e0 abandonner leurs monnaies nationales. Analysons ces deux points dans cet ordre.<\/p>\n<p>Fortement souhait\u00e9s par l\u2019Allemagne et les pays voisins, les crit\u00e8res de Maastricht pour la convergence \u00e9conomique ne semblent pas avoir eu un impact d\u00e9cisif sur le processus d\u2019unification mon\u00e9taire. Le trait\u00e9 de Maastricht minimise les cons\u00e9quences n\u00e9gatives possibles des diff\u00e9rences importantes qui existent encore entre les pays de l\u2019UE, et la d\u00e9valuation continue de l\u2019euro est davantage per\u00e7ue comme le r\u00e9sultat d\u2019une attaque sp\u00e9culative de la monnaie europ\u00e9enne que comme un signe de sa fragilit\u00e9. Un point important qui semble avoir \u00e9t\u00e9 largement ignor\u00e9, sinon compl\u00e8tement abandonn\u00e9, est que l\u2019unification mon\u00e9taire m\u00e8nera \u00e0 la libre circulation des capitaux. Cela peut sembler \u00e9trange, puisque, la libre circulation des capitaux a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme un objectif cl\u00e9 avant tout accord sur l\u2019unification mon\u00e9taire. Pourtant, une analyse attentive montre que le capital est en effet libre de circuler uniquement dans l\u2019\u00abespace\u00bb mon\u00e9taire de la monnaie unique. En d\u2019autres termes, la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire permet au capital de se d\u00e9placer librement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des fronti\u00e8res nationales, mais l\u2019emp\u00eache de \u00abfuir\u00bb d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre. Ce r\u00e9sultat, apparemment incroyable, est une cons\u00e9quence directe de la comptabilit\u00e9 \u00e0 partie double. \u00c9mise par les banques, la monnaie revient instantan\u00e9ment \u00e0 son point d\u2019origine chaque fois que le paiement est effectu\u00e9. Il s\u2019ensuit que le montant total des revenus cr\u00e9\u00e9s par la production est n\u00e9cessairement d\u00e9pos\u00e9 dans les banques (nationales) qui la \u201cmon\u00e9tisent\u201d. Ayant son origine dans le revenu, le capital est donc aussi un d\u00e9p\u00f4t bancaire. Il est impossible, qu\u2019une fraction des d\u00e9p\u00f4ts bancaires form\u00e9s dans un pays donn\u00e9 soit transf\u00e9r\u00e9e dans un autre pays. \u00c9tant donn\u00e9 que l\u2019analyse scientifique est souvent entrav\u00e9e par des malentendus, nous allons tenter de clarifier cette derni\u00e8re assertion. La fuite des capitaux a toujours \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme un transfert de capitaux entre les pays, car les agents sont \u00e9videmment libres de demander \u00e0 leurs banques de transf\u00e9rer leurs d\u00e9p\u00f4ts \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Comment est-il possible, alors, de pr\u00e9tendre que pas un seul centime ne quitte le syst\u00e8me bancaire dont il est issu? La r\u00e9ponse doit \u00eatre fond\u00e9e sur la nature de la monnaie scripturale. Si le revenu mon\u00e9taire est d\u00e9fini comme un d\u00e9p\u00f4t bancaire, il est logiquement impossible de le soustraire \u00e0 un syst\u00e8me bancaire et de le transf\u00e9rer \u00e0 un autre. Qu\u2019advient-il alors quand un agent demande \u00e0 sa banque de transf\u00e9rer son capital \u00e0 l\u2019\u00e9tranger? Contrairement au sens premier du mot \u00abtransfert\u00bb, aucun capital ne quitte son pays d\u2019origine. Le compte de notre agent est effectivement d\u00e9bit\u00e9 par sa banque, B1, ce qui lui donne en \u00e9change le droit de propri\u00e9t\u00e9 sur un d\u00e9p\u00f4t bancaire form\u00e9 dans un autre pays. Son capital initial demeure enti\u00e8rement d\u00e9pos\u00e9 aupr\u00e8s de la banque B1 et est remplac\u00e9e par une cr\u00e9ance sur un capital \u00e9tranger d\u00e9pos\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. C\u2019est aussi ce qui se passe dans le cas d\u2019une fuite des capitaux. Contrairement \u00e0 ce que l\u2019expression laisse penser, aucun capital national n\u2019est perdu par le pays dont les r\u00e9sidants transf\u00e8rent leurs capitaux \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Cela ne signifie pas qu\u2019il n\u2019y a aucun dommage subi, c\u2019est le cas par exemple pour les autorit\u00e9s fiscales nationales. Si les r\u00e9sidants ont r\u00e9ussi \u00e0 dissimuler subrepticement leurs capitaux de leur fisc, il est \u00e9vident qu\u2019ils causent des dommages au budget int\u00e9rieur de leur pays. Cependant, leurs capitaux ne quittent pas le syst\u00e8me bancaire dans lequel ils sont d\u00e9pos\u00e9. Perdu par l\u2019\u00c9tat, ces fonds sont encore disponibles au sein du syst\u00e8me bancaire national.<\/p>\n<p>Les implications de cette analyse de la fuite des capitaux sont consid\u00e9rables. En particulier, il semble que les fronti\u00e8res nationales sont une barri\u00e8re efficace contre les mouvements de capitaux quand elles sont bas\u00e9es sur la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire. Lorsque la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire est abandonn\u00e9e, un nouvel \u00abespace\u00bb mon\u00e9taire est cr\u00e9\u00e9 o\u00f9 les capitaux peuvent circuler librement d\u2019une r\u00e9gion \u00e0 l\u2019autre. Une v\u00e9ritable union mon\u00e9taire telle que celle qui est cens\u00e9e exister aujourd\u2019hui au niveau europ\u00e9en entra\u00eenerait ce r\u00e9sultat avec la cons\u00e9quence ind\u00e9sirable que les capitaux se d\u00e9placeraient massivement du Sud au Nord, augmentant consid\u00e9rablement le risque de ch\u00f4mage du Sud et de tensions sociales dans le Nord. Plac\u00e9 sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 avec leurs concurrents du nord, les entreprises du sud ne seraient pas en mesure de supporter les co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s du capital qu\u2019elles avaient accumul\u00e9, et pourraient \u00eatre contraintes de fusionner ou dispara\u00eetre. M\u00eame les grandes entreprises telles que Fiat, Renault ou Seat peuvent \u00eatre achet\u00e9s par leurs concurrents allemands, avec des cons\u00e9quences facilement pr\u00e9visibles sur le ch\u00f4mage. Le fait est qu\u2019en raison de diff\u00e9rences importantes entre les \u00e9conomies nationales, au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, le processus d\u2019accumulation du capital a eu lieu \u00e0 des co\u00fbts diff\u00e9rents en Europe. Maintenant, le capital accumul\u00e9 \u00e0 des taux diff\u00e9rents aura une rentabilit\u00e9 diff\u00e9rente selon le pays dans lequel il a \u00e9t\u00e9 form\u00e9. La baisse du taux de profit qui va affecter les entreprises dans le sud apr\u00e8s l\u2019unification mon\u00e9taire les forcera \u00e0 r\u00e9duire drastiquement leurs co\u00fbts de production.<\/p>\n<p>Pour d\u00e9terminer si un tel processus est d\u00e9j\u00e0 en place ou s\u2019il s\u2019agit d\u2019un risque purement imaginaire, nous devons v\u00e9rifier si l\u2019Union mon\u00e9taire europ\u00e9enne a effectivement conduit \u00e0 l\u2019adoption d\u2019une monnaie unique. Aussi surprenant que cela puisse para\u00eetre, la r\u00e9ponse est n\u00e9gative pour la simple raison qu\u2019il n\u2019y a pas encore un syst\u00e8me de compensation des paiements entre les pays membres g\u00e9r\u00e9s par la Banque centrale europ\u00e9enne. Le syst\u00e8me europ\u00e9en de r\u00e8glement en temps r\u00e9el des transactions sur une base brute (TARGET) est g\u00e9r\u00e9 par les banques centrales des pays membres et les paiements entre pays (y compris les r\u00e9sidants) sont r\u00e9alis\u00e9s par le biais de leurs banques centrales. En l\u2019absence d\u2019une intervention de la BCE en tant que chambre de compensation de tous les paiements entre les pays membres, les monnaies nationales ne peuvent pas \u00eatre homog\u00e9n\u00e9is\u00e9es. Cela signifie que, en fait, le passage \u00e0 l\u2019union mon\u00e9taire a \u00e9t\u00e9 purement nominal. Les pays de la zone euro n\u2019ont pas remplac\u00e9 les monnaies nationales par une monnaie europ\u00e9enne unique, mais ont simplement chang\u00e9 le nom de leur monnaies nationales. Ainsi, diff\u00e9rentes euros sont en circulation \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de chaque pays au sein de l\u2019union mon\u00e9taire. Nous avons donc l\u2019existence d\u2019une situation absurde o\u00f9 des pays ont renonc\u00e9 \u00e0 la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire, sans vraiment la perdre.<\/p>\n<p>Le choix du maintien de la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire serait renforc\u00e9 par l\u2019argument selon lequel la stabilit\u00e9 du taux de change pourrait \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e sans remplacer les monnaies nationales par une monnaie unique europ\u00e9enne. Notre commentaire sur le plan de la r\u00e9forme mon\u00e9taire de Keynes trouve son application fructueuse ici. Le m\u00eame r\u00e9sultat que les pays de l\u2019UE visent \u00e0 travers l\u2019unification mon\u00e9taire peut \u00eatre atteint d\u2019une autre mani\u00e8re, \u00e9vitant tout risque de cons\u00e9quences dramatiques sur l\u2019emploi.<\/p>\n<p>Pour assurer la stabilit\u00e9 mon\u00e9taire il suffirait, en effet, de demander \u00e0 la Banque centrale europ\u00e9enne d\u2019utiliser l\u2019euro entre les \u00c9tats membres de l\u2019Union europ\u00e9enne et d\u2019agir en tant que chambre de compensation. En fait, l\u2019Union europ\u00e9enne dispose d\u2019une excellente occasion de mettre en place un syst\u00e8me qui permettrait d\u2019am\u00e9liorer le commerce entre ses pays membres, permettant \u00e0 chacun d\u2019entre eux de recourir \u00e0 des politiques mon\u00e9taires et fiscales les mieux adapt\u00e9es pour assurer la convergence \u00e9conomique. La BCE existe d\u00e9j\u00e0 et serait facile \u00e0 organiser de telle fa\u00e7on qu\u2019elle prenne le r\u00f4le que Keynes avait pr\u00e9vu pour son Union internationale de compensation. Les principes de compensation sont bien connus, et le syst\u00e8me de r\u00e8glement brut en temps r\u00e9el existant au niveau national pourrait \u00eatre appliqu\u00e9 sans difficult\u00e9 dans le cadre europ\u00e9en. Nous esp\u00e9rons que la raison l\u2019emportera, de sorte que l\u2019UE puisse sortir d\u2019une situation d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019augmentation drastique du ch\u00f4mage.<\/p>\n<p><b>Le paiement des int\u00e9r\u00eats sur la dette ext\u00e9rieure<\/b><\/p>\n<p>Un autre axe de recherche d\u00e9velopp\u00e9 par la nouvelle analyse quantique de l\u2019\u00e9conomie mon\u00e9taire porte sur le service de la dette ext\u00e9rieure des pays dont la monnaie nationale n\u2019est pas une monnaie de r\u00e9serve. La principale conclusion tir\u00e9e par la th\u00e9orie quantique \u00e0 cet \u00e9gard est que les pays endett\u00e9s sont contraints de payer deux fois le montant des int\u00e9r\u00eats dus sur leur dette ext\u00e9rieure. C\u2019est certainement une affirmation non conventionnelle qui ne peut \u00eatre expliqu\u00e9e en quelques lignes. Notons ici que le paiement des int\u00e9r\u00eats ne doublerait pas dans un monde dans lequel les monnaies nationales auraient \u00e9t\u00e9 homog\u00e9n\u00e9is\u00e9es en utilisant un syst\u00e8me similaire au plan Keynes d\u2019une Union internationale de compensation (Plan pour la cr\u00e9ation d\u2019in International Clearing Union \u2013 Keynes, 1980). L\u2019absence d\u2019un syst\u00e8me de paiements internationaux en conformit\u00e9 avec la nature scripturale de la monnaie oblige les pays les moins avanc\u00e9s \u00e0 acheter leurs moyens de paiements ext\u00e9rieurs. L\u2019achat de moyens de paiement a un co\u00fbt net positif lorsque les paiements sont unilat\u00e9raux, ce qui est pr\u00e9cis\u00e9ment le cas du paiement d\u2019int\u00e9r\u00eats sur la dette ext\u00e9rieure. Par d\u00e9finition, le paiement de ces int\u00e9r\u00eats est un transfert qui se traduit par une double charge parce que les pays endett\u00e9s doivent supporter \u00e0 la fois un paiement r\u00e9el et un paiement mon\u00e9taire. En premier lieu, ils transf\u00e8rent une partie de leur production nationale aux pays cr\u00e9anciers, en outre, ils doivent c\u00e9der une partie de leurs r\u00e9serves. Or, si le paiement \u00ab&nbsp;r\u00e9el \u00bb est parfaitement l\u00e9gitime (les cr\u00e9anciers ayant droit \u00e0 une partie des revenus g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par leur investissement initial), le deuxi\u00e8me paiement est totalement injustifi\u00e9.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me avec le syst\u00e8me des paiements internationaux ne vient pas du fait que les pays endett\u00e9s payent leurs cr\u00e9anciers dans la mesure des exportations nettes, mais du fait qu\u2019ils doivent aussi couvrir les co\u00fbts engendr\u00e9s par le transfert unilat\u00e9ral d\u2019une partie de leur revenu national. Lorsqu\u2019ils sont oblig\u00e9s \u00e0 payer avec une devise \u00e9trang\u00e8re, les pays les moins avanc\u00e9s ne peuvent compenser la perte subie par leur revenu national que s\u2019ils acceptent une r\u00e9duction \u00e9quivalente de leurs r\u00e9serves officielles ou une augmentation de leur dette ext\u00e9rieure. Dans l\u2019ensemble, le paiement pour x unit\u00e9s de leur int\u00e9r\u00eat co\u00fbte 2x unit\u00e9s, deux fois le montant d\u00fb \u00e0 leurs cr\u00e9anciers. En v\u00e9rit\u00e9, le second versement n\u2019est pas fait au b\u00e9n\u00e9fice de ses cr\u00e9anciers, mais en faveur de ce qu\u2019on appelle la \u00abbulle financi\u00e8re\u00bb. Cela signifie que le paiement d\u2019int\u00e9r\u00eats entre les pays ne peut \u00eatre bien compris qu\u2019au niveau macro\u00e9conomique. D\u2019un point de vue micro\u00e9conomique, le paiement d\u2019int\u00e9r\u00eats d\u00e9finit un transfert de revenus des d\u00e9biteurs aux cr\u00e9anciers. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui arrive quand les int\u00e9r\u00eats sont pay\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019 un pays. Les choses changent radicalement lorsque les paiements mon\u00e9taires sont transfrontaliers. Le transfert de revenus entre les d\u00e9biteurs et les cr\u00e9anciers ne peuvent plus avoir lieu sans une conversion mon\u00e9taire nationale en devises \u00e9trang\u00e8res. Pour simplifier, le pays endett\u00e9, dont les habitants ont \u00e0 payer des int\u00e9r\u00eats aux cr\u00e9anciers \u00e9trangers, donne un montant \u00e9quivalent de devises obtenues gr\u00e2ce \u00e0 ses exportations commerciales nettes. Or, s\u2019il est vrai qu\u2019une partie des revenus g\u00e9n\u00e9r\u00e9s dans le pays endett\u00e9, A, par l\u2019investissement \u00e9tranger initiale est due aux pays cr\u00e9anciers, R, il serait faux de pr\u00e9tendre que A doit payer R en donnant non seulement un partie de sa production nationale, mais aussi une quantit\u00e9 \u00e9quivalente de devises. Ayant transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 R une partie de ses gains ext\u00e9rieurs provenant de ses exportations, A doit \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 de toute obligation. Si ce n\u2019est pas le cas, c\u2019est parce que le syst\u00e8me actuel des paiements internationaux ne permet pas la conversion sans frais du paiement effectu\u00e9 par les r\u00e9sidants endett\u00e9s de A \u00e0 travers celui effectu\u00e9 par leur pays. C\u2019est au niveau macro que les choses vont mal. Les r\u00e9sidants paient une fois et leur pays est contraint de payer une deuxi\u00e8me fois parce que le transfert unilat\u00e9ral de l\u2019int\u00e9r\u00eat cr\u00e9e un \u00abtrou mon\u00e9taire\u00bb dans l\u2019\u00e9conomie de A. La cons\u00e9quence du transfert unilat\u00e9ral de A \u00e0 R est qu\u2019une portion \u00e9quivalente des exportations commerciales de A est donn\u00e9e gratuitement \u00e0 R. Par cons\u00e9quent, le paiement des int\u00e9r\u00eats par les r\u00e9sidants redevables de A implique un non-paiement des exportations commerciales de A qui correspond \u00e0 une r\u00e9duction \u00e9quivalente des r\u00e9serves officielles de A. Cette deuxi\u00e8me charge du service de la dette ext\u00e9rieure s\u2019ajoute imm\u00e9diatement au vrai paiement des int\u00e9r\u00eats \u2013 le libre transfert \u00e0 R d\u2019une partie de la production nationale de A \u2013 doublant ainsi la charge totale support\u00e9e par le pays A et de ses habitants. Encore une fois, tandis que le paiement r\u00e9el emp\u00eache aux exportations d\u2019accro\u00eetre &nbsp;les r\u00e9serves officielles de A, le paiement mon\u00e9taire des int\u00e9r\u00eats n\u00e9cessite une deuxi\u00e8me mesure d\u2019exportations qui ne sont pas pay\u00e9s par R et qui provoque un d\u00e9ficit mon\u00e9taire pour A. Ce d\u00e9ficit est ensuite couvert par une diminution des r\u00e9serves officielles de A.<\/p>\n<p>Si le paiement des r\u00e9sidants endett\u00e9s \u00e9tait le seul paiement exig\u00e9 pour le service de la dette ext\u00e9rieure, le pays A agirait comme un simple interm\u00e9diaire. Il recevrait le revenu int\u00e9rieur pay\u00e9 par ses r\u00e9sidants et transf\u00e9rerait un revenu \u00e9tranger \u00e9quivalent aux cr\u00e9anciers \u00e9trangers. La conversion de la monnaie nationale en devises serait sans aucun frais, et le sacrifice n\u00e9cessaire pour le paiement des int\u00e9r\u00eats serait le montant des exportations commerciales n\u00e9cessaires pour payer les cr\u00e9anciers du pays R. Le paiement des int\u00e9r\u00eats impliquerait une seule charge pour A que si un syst\u00e8me de compensation internationale permettait aux pays de faire la conversion libre de leurs monnaies nationales. En d\u2019autres termes, le paiement des int\u00e9r\u00eats serait normal s\u2019il \u00e9tait ins\u00e9r\u00e9 dans un syst\u00e8me de r\u00e8glements entre les pays. Comme cela \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 sugg\u00e9r\u00e9 par Keynes dans les ann\u00e9es 1940, un tel syst\u00e8me ne vise pas \u00e0 limiter les transactions \u00e9conomiques. Au contraire, il vise \u00e0 fournir une structure mon\u00e9taire qui permette aux paiements internationaux d\u2019\u00eatre conduits sans causer de d\u00e9sordre mon\u00e9taire, c\u2019est \u00e0 dire sans provoquer des fluctuation des taux de change et sans forcer les pays endett\u00e9s \u00e0 payer deux fois l\u2019int\u00e9r\u00eat encouru sur leur dette ext\u00e9rieure. La th\u00e9orie quantique de la monnaie bri\u00e8vement pr\u00e9sent\u00e9 ici fournit une analyse d\u00e9taill\u00e9e de la fa\u00e7on dont le syst\u00e8me des paiements internationaux devrait \u00eatre restructur\u00e9 afin de parvenir \u00e0 ce r\u00e9sultat.<\/p>\n<p>Plus important encore, la reforme offre une solution pratique permettant \u00e0 chaque pays de se prot\u00e9ger contre la deuxi\u00e8me charge du service de la dette ext\u00e9rieure. Si elle est adopt\u00e9e, cette solution permettrait de r\u00e9duire le service de la dette ext\u00e9rieure \u00e0 un paiement unique, ce qui apporterait aux pays endett\u00e9s un gain \u00e9quivalent \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat pay\u00e9 \u00e0 leurs cr\u00e9anciers. Par exemple, en 1998, le Mexique aurait sauv\u00e9 12,589 millions de dollars, l\u2019Argentine 8,976 et le Br\u00e9sil 12,465. Chacun de ces pays auraient donc gard\u00e9 cette somme qui a \u00e9t\u00e9 effectivement perdue dans le \u00abtrou noir\u00bb du service de la dette ext\u00e9rieure. La baisse injustifi\u00e9e des r\u00e9serves officielles subies par les pays endett\u00e9s dans le cadre du pr\u00e9sent \u00abnon-syst\u00e8me\u00bb des paiements internationaux est \u00e9quivalente \u00e0 leurs paiements d\u2019int\u00e9r\u00eats, et mesure la perte subie par leurs budget. La r\u00e9forme propos\u00e9e par Bernard Schmitt et son \u00e9cole permettrait d\u2019\u00e9viter que cela ne continue \u00e0 se produire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LES PROBLEMES RELATIFS A LA SOUVERAINETE MONETAIRE, LE SERVICE DE LA DETTE EXTERIEURE, LE TAUX DE CHANGE ET LEURS SOLUTIONS Baranzini M.* et Cencini A. (2001).&nbsp;Introduction, dans S. Rossi, Money and Inflation. A New Macroeconomic Analysis, Cheltenham (UK) &amp; Northampton (USA), Edward Elgar, pp.xix-xxvii. Traduit par Cristophe Chabin. *Professeur ordinaire&nbsp;d\u2019\u00c9conomie politique. Dr. rer. pol. 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